Lumière
Lumière
Le temps s’est arrêté dans l’Alentejo, la plus grande des provinces du Portugal. C'est également la moins peuplée. Ici, c’est l’espace qui impressionne d’abord, avec ces paysages infinis piquetés de vieux chênes-lièges. A côté d’une Algarve surpeuplée, elle invite à un bain de lumière et de quiétude...
Além do Tejo, au-delà du Tage : c’est donc une grande partie du sud du Portugal qui est englobée dans cette province gorgée de soleil qui court de l’Espagne aux falaises escarpées de l’Atlantique. Froide en hiver mais brûlante en été. Un pays à la beauté âpre. Au nord-est, une route magnifique à parcourir, de village fortifié en château-fort, en passant par Marvao, Portalegre, Nisa et Castelo de Vide. Vers le sud, la terre se fait plus aride et le paysage s’élargit encore, doucement moutonné de collines piquetées d’oliviers ou de chênes verts.
A savoir
A savoir
Y aller
Vols directs au départ de Bruxelles vers Lisbonne ou Faro en Algarve.
Quand
De mai à septembre, il fait quasiment toujours beau et parfois très chaud.
Ma valise
Vêtements légers à la belle saison, crème solaire à fort indice (les plages venteuses de l’Atlantique masquent souvent l’ardeur des UV), couvre-chef et… planche de surf.
Formalités
Pour les ressortissants belges, la carte d’identité suffit. Aucun vaccin nécessaire.
Absolument
- Parcourir les villages blancs perchés (Monsaraz, Marvao…).
- Goûter aux pasteis de nata (flans) et aux vins portugais, souvent étonnants.
- Se mêler aux convives d’une festa de village.
- Goûter à la vie nocturne de Bairro Alto, quartier de Lisbonne.
Entre nous
- Le Portugal produit chaque année 15 milliards de bouchons de liège (plus de 60% de la production mondiale).
- Tour à tour fresque, tapis, plafond ou dossier de banc, l’azulejo, ce petit carreau de céramique, fait partie intégrante de l’univers portugais et ce, depuis le 15e siècle. Ce sont les artisans hollandais qui imposèrent la dominante bleue.
- Au Portugal, on mange bien pour trois fois rien. Surtout si vous privilégiez les adresses fréquentées par les locaux.
- Pour voir les plus belles facettes du pays, évitez de prendre les autoroutes et préférez les petites routes qui longent le littoral ou qui grimpent vers les villages.
Evora
Evora
En prenant la direction d’Evora, la campagne, peuplée de villages blancs, d’oliviers noueux et de champs de blé grimpant à l’assaut des collines, se donne des petits airs de Toscane. Sorti des bourgades, il est bien facile de s’égarer : peu de voitures et encore moins d’indications routières mais souvent une bonne âme pour vous aiguiller. Se perdre un peu, c’est peut-être la plus belle façon de découvrir ce pays encore méconnu. Pour voir par exemple surgir au milieu de nulle part le plus grand menhir d’Europe, dans un champ d’oliviers (près de Castelo de Vide). Dolmens, cromlechs, pierres levées ou alignements, l’Alentejo compte plus de 500 sites mégalithiques. Car si elle semble un peu perdue au bout de l’Europe, cette douce province a été visitée et habitée par de nombreuses civilisations.
A Evora, on s’étonne presque de retrouver au milieu de la petite ville blanche un temple romain formidablement conservé : cet édifice dédié à Diane (en réalité, il s’agirait plutôt d’un monument consacré à la gloire d’Auguste) a gardé une grande partie de ses colonnes corinthiennes posées sur un socle en pierre du pays. C’est ici qu’étaient brûlés les hérétiques au Moyen Age. L’édifice servit également un temps d’arsenal, de théâtre puis d’abattoir. Aujourd’hui, il est l’emblème du chef-lieu de l’Alentejo. Une petite ville classée au patrimoine mondial de l’Unesco tant elle recèle de monuments historiques et notamment de somptueux palais construits par son aristocratie, des églises magnifiques richement décorées d’azulejos ou plus insolites telles que la Chapelle des Os, aux parois recouvertes d’ossements humains.