Nouvelle-Calédonie
Entouré du plus vaste lagon du monde, le « Caillou », comme on l’appelle ici, a bien un savoureux goût sucré de paradis. Mais avec sa végétation venue en droite ligne du jurassique, son sol rouge parfois si « lourd » qu’il n’y pousse qu’une végétation lentement adaptée à vivre dans le métal, ses cow-boys du Pacifique et sa population mélanésienne dont les traditions remontent à la nuit des temps, la Nouvelle-Calédonie est aussi une destination palpitante et insolite.
Nouvelle-Calédonie
Sur une mappemonde, un petit trait posé sur le Pacifique sud. Baptisé ‘New Caledonia’ par James Cook en l’honneur de son Ecosse natale, cet archipel de Mélanésie reste très méconnu. 21 heures de vol depuis Paris (soit à 20.000 km de chez nous), mais le jeu en vaut sacrément la chandelle!
Nouvelle-Calédonie
Nouméa, c’est LA ville, quasi la seule de Nouvelle-Calédonie. Elle regroupe 63% de la population, soit une bonne centaine de milliers d’habitants qui occupent une superficie équivalant quand même à la moitié de celle de Paris ! Ici, la population est plutôt blanche, caldoche ou « métro ». En fait, Nouméa est un petit morceau de métropole transposé dans le Pacifique sud. Si ce n’est que les Nouméens, férus de sport et de barbecues, vivent un peu à l’australienne. La ville a peu d’attraits mais représente une bonne base de départ pour les excursions en brousse, vers le Sud tout proche. La découverte de cette région est un formidable parcours à rebrousse-temps. A commencer par le parc naturel de la Rivière-Bleue. C’est ici que l’on tourne nombre de documentaires ‘live’ sur les dinosaures. Le sol semble saigner tant il offre à certains endroits des tons rougeoyants. Ici, la terre est une cuirasse de fer. Il suffit d’en prendre une poignée et la soupeser: la concentration en métal est inouïe. Au 19e siècle, des missionnaires en déduisirent sérieusement que la Nouvelle-Calédonie était un énorme aimant attirant à elle tous les métaux et publièrent même un ouvrage en ce sens! En fait, ce sol ultramafique (acide à l’extrême) serait celui de l’ère secondaire. Les plantes classiques y meurent en quelques jours et on n’y rencontre donc que des végétaux endémiques. Certaines espèces ne poussent que dans une vallée ou au sommet d’une colline et on en découvre encore chaque année des centaines ! Résultat : la Nouvelle-Calédonie est le cinquième pays en importance sur le plan de la biodiversité. Ici, les fleurs poussent sur les troncs, on retrouve des fossiles végétaux vivants comme les ancêtres des fougères ou des conifères. L’archipel recèle 13 des 19 espèces d’araucarias encore existantes. Contrairement à partout ailleurs, ces arbres, dont se nourrissaient jadis les dinosaures, n’ont ici pas d’épines. C’est le seul endroit au monde où les plantes ont en grande majorité perdu leurs piquants, faute de prédateurs. Mêmes bizarreries chez les animaux : poissons à 5 écailles, à ouïes externes, à nageoires-pattes. Ou encore ce gros oiseau qui aboie et ne sait pas voler: le cagou.
Nouvelle-Calédonie
Le Nord sauvage
Pour plus d’espace encore, on prend la direction du Nord. Une seule route longe la côte ouest vers les rares communautés de la brousse calédonienne. Au fur et à mesure que le bitume parfois défoncé se déroule, le paysage prend des allures de savane, la présence humaine devient plus discrète aussi sur cette terre vouée à l’élevage extensif. Les cow-boys locaux parlent français mais aiment autant le rodéo que leurs cousins d’Amérique. Quand on bascule ensuite vers l’est, le paysage devient luxuriant. Cette fois, la route se faufile entre montagne et océan au rythme de micro-villages blottis sous les grands arbres. Les enfants jouent, les familles s’asseyent sur le macadam pour bavarder, la route est un lieu de rencontre. Les Mélanésiens saluent de la main toutes les voitures qui passent. Après Hienghène et ses étranges rochers posés dans l’eau, en forme de poule, de sphinx…, la route bute sur les rives de la rivière Ouaïème. Un vieux bac (en fonction 24h/24), le dernier de l’archipel, assure une mémorable traversée. La région que l’on sillonne ensuite est sauvage, quasi inhabitée. La côte se fait escarpée et prend un petit air de bout du monde. De puissantes cascades dévalent des hauteurs jusqu’au lagon. La pointe nord de l’île et le village le plus septentrional, Poingam, ne sont plus très loin...
Nouvelle-Calédonie
Ile des Pins
Qui dit Pacifique dit le plus souvent plages de rêves et la Nouvelle-Calédonie n’y fait pas exception, que ce soit sur Grande Terre, dans l’archipel des Loyauté (Ouvéa, Lifou, Maré et Tiga) ou, plus proche, sur l’île des Pins, au sud du Caillou. Succession ininterrompue de plages immaculées bordées de pins colonnaires qui lui ont donné son nom, l’île des Pins est considérée comme l’une des plus belles îles du globe. Restée profondément nature. Partout, la forêt et, sur les côtes, ces étranges araucarias en forme de cierges remplacent souvent les cocotiers. Kuto et Kanuméra, deux baies sublimes séparées par un isthme étroit, concentrent la plupart des hébergements, en lodge ou en gîte. L’île est la dernière de l’archipel où l’on fabrique encore des pirogues traditionnelles à balancier. Huit d’entre elles sillonnent encore la baie d’Upi pour le plus grand bonheur des visiteurs de passage. Héritières des grandes pirogues d’autrefois qui servaient au commerce inter-îles, ces embarcations sont toujours construites en bois de pin colonnaire. Un voyage au rythme lent des alizés. En entrant dans la baie, on zigzague entre les gros rochers de corail plantés dans la mer. C’est encore plus féerique lorsque d’autres pirogues se joignent au voyage. L’excursion se poursuit sur terre à travers la forêt pour atteindre un calme bras de mer entouré de végétation luxuriante et, plus loin, l’un des chefs d’œuvre de la Nouvelle-Calédonie : un immense aquarium naturel relié à l’océan à chaque marée haute.
Y aller
Y aller
Comment
Au départ de Tokyo ou Séoul, vols Air Austral vers Nouméa. Vols inter-îles avec Air Calédonie (attention : 10kg de bagages seulement).
Quand
De septembre à décembre, ensuite, il pleut beaucoup jusqu’en mars. L’hiver austral (juin à août) est plus « frais » : les températures descendent à 20°C.
Ma valise
Vêtements légers et en coton. Chapeau et bonne protection solaire. Petits cadeaux (coupons de tissu, cigarettes…) pour la coutume.
Formalités
Passeport en cours de validité en raison des escales.
Santé : aucun vaccin nécessaire.
A faire
A faire
1. Logez en tribu pour côtoyer et partager des moments riches avec le peuple kanak.
2. Une balade en catamaran traditionnel dans la baie d’Upi (île des Pins).
3. Une visite du centre culturel Jean-Marie Tjibaou près de Nouméa, pour son architecture exceptionnelle mais aussi pour en savoir plus sur les Mélanésiens.
4. Plonger dans le plus grand lagon de la planète, entourant toute l’île de Grande Terre.
Entre nous
Entre nous
1. Le véhicule de location est le moyen de voyager le plus pratique. Hors de Nouméa, roulez au milieu plutôt que sur les côtés, souvent défoncés. Gare aux nids de poules et aux enfants, qui jouent parfois sur les routes reliant les tribus.
2. La société mélanésienne est fondée sur des valeurs très fortes. Ainsi, on ne pénètre pas chez quelqu’un sans procéder au rituel coutumier. C’est l’homme qui présente au chef de famille ou de tribu un présent (un coupon de tissu pour paréo, un petit billet et/ou un peu de tabac). Celui-ci remercie alors par un petit discours de bienvenue. Sacrifier à ce rituel est essentiel et vous ouvrira bien des portes pour en savoir plus sur la vie en tribu.
3. Pas le temps d’aller aux Loyauté ou sur l’île des Pins ? Faites l’excursion d’une journée à l’îlot Amédée au départ de Nouméa.
4. Petite fringale, soif ? Sur le bord des routes, vous verrez des mini-échoppes souvent désertes. Prenez ce qui vous intéresse et mettez l’argent dans la boîte. Ici on fait confiance au voyageur de passage !