Gênes
A l’ouest de Gênes, la riviera du Ponant déroule des plages bordées de maisons hautes. A l’est, la riviera du Levant se hérisse de falaises, obligeant les villages à se percher.
Gênes
Délices génois
Gênes est la grande cité de Ligurie, une ville ultra italienne, un fouillis indescriptible de ruelles et de constructions. Au Moyen Age déjà, les immeubles à plusieurs étages se serraient les uns contre les autres et Gênes affichait la plus haute densité de population de l’époque. Cette véritable New York médiévale était de plus hérissée de nombreuses tours appartenant aux plus riches familles. Car à l’instar de Venise et Amalfi, Gênes était alors l’une des puissantes républiques maritimes qui commerçait avec le monde entier.
Aujourd’hui, le décor a peu changé. Gênes est toujours cet imbroglio de passages et de venelles ombragées qui grimpent du port à l’assaut des collines. C’est dans ces ruelles étroites que serait née la focaccia. Un grand pain plat généreusement arrosé d’huile d’olive et parfois assaisonné d’herbes (cousin de la fougasse provençale) que les Gênois mangent du petit-déjeuner au souper.
Gênes, c’est aussi la farinata, une grande crêpe de farine de pois chiches que l’on enfourne sur des platines rondes. Elle aurait été inventée à l’époque romaine. Les soldats les cuisaient sur des pierres chaudes ou même sur leurs boucliers afin de se nourrir rapidement. Dans l’une de ses versions les plus savoureuses, on ajoute de jeunes anchois, les gianchetti. Ne pas manquer non plus ses quais, entièrement réhabilités, le bateau grandeur nature du film de Polanski « Pirates » ainsi que la « Bolla » et « Il Bigo », deux immenses œuvres signées Renzo Piano.
Gênes
Albenga…dans les couloirs du temps
Après Gênes, Albenga est la seconde ville la mieux préservée de Ligurie. Comme partout dans la région, le regard est attiré par toutes ces façades en trompe l’œil. La technique est française mais depuis le 17e siècle, c’est le moyen pour les Ligures, réputés assez avares, de faire bonne figure à moindre frais. Toute la ville ancienne n’est qu’une succession de palais, tours, églises et ruelles bourrées de charme mais toujours bien vivantes malgré leur âge. Ici, on baptise encore par exemple les enfants dans le même baptistère et les mêmes bassins qu’il y a 1500 ans.
A faire
A faire
Cinque Terre
Ils sont cinq, on l’aura deviné, cinq villages accrochés à la falaise en bord de mer, surplombés par les vignes et de minuscules lopins en terrasse, les restanques. Manarola, Monterosso al Mare, Riomaggiore, Corniglia et Vernazza sont classés depuis 1998 au patrimoine mondial par l’Unesco. Complètement isolés du monde jusqu’au 20e siècle, c’est le rail qui les a sortis un rien de leur isolement. Car dans les ruelles étroites, la voiture ne passe pas et c’est tant mieux. Du coup, on ne peut que savourer un peu plus les plaisirs de la randonnée sur ces sentiers de bout du monde (dont la sublime « via dell’Amore ») reliant les cinq villages esthétiquement perchés entre mer et montagne.
Portofino, repère de VIP
Le nom Portofino est une contraction de Porto Delfino. Et des dauphins, on en rencontre fréquemment encore aujourd’hui lorsqu’on arrive par la mer. Portofino est un petit port de rêve blotti au milieu des pinèdes, avec quelques dizaines de maisons colorées serrées sur le bord des quais ou accrochées au rocher. Une harmonie parfaite entre la nature et les ajouts faits par l’homme. Depuis les années 50, à l’image de Saint-Tropez, l’endroit attire les stars. L’ambiance est chic et décontractée à la fois. Dans le port, les bateaux de pêche tutoient les yachts. Mais ici, le soir venu, les VIP et autres peoples peuvent dormir tranquilles : pour acheter ou louer, il faut impérativement être coopté par un résident !
A savoir
A savoir
Camogli et sa tonnarella
Depuis toujours, la Ligurie est tournée vers la mer et ici, on ose mettre le poisson à toutes les sauces : dans les tartes et les gâteaux salés, dans de savoureux petits sandwiches aussi, garnis d’anchois ou de poulpe en tranches. La pêche est intimement liée à l’histoire de ces côtes escarpées. L’une des formes les plus anciennes, la tonnarella, ne se pratique plus que dans 2 ou 3 endroits en Italie, dont un seul en Ligurie. Là où l’on aurait pu attendre de vieux pêcheurs nostalgiques, on retrouve trois jeunes femmes qui n’ont pas voulu voir disparaître une technique de pêche ancestrale mais surtout respectueuse de l’équilibre naturel. Il a fallu d’abord reconstruire les filets, avec des fibres naturelles. Comme autrefois, ils sont fabriqués et réparés à San Fruttuoso, un minuscule hameau de la presqu’île de Portofino seulement accessible par la mer. La tonnarella et la pêche en général ont fait vivre Camogli durant des siècles, pas question donc de rompre avec ce passé économique.
De l’anchois à la salsa verde
Dans la région, quelques petites coopératives travaillent encore l’anchois comme avant. Sur les hauteurs de Camogli, Simone est l’un des derniers témoins de cette pêche. Peu loquace comme le sont souvent les marins, il refait devant nous les gestes précis répétés depuis des générations. Les petits poissons sont patiemment étêtés à la main puis serrés l’un contre l’autre et salés avec du sel de l’Adriatique, le meilleur selon lui, pas trop gros pour éviter de couper la chair. La pêche aux anchois, c’était une tradition et surtout pas une façon de faire fortune, au contraire. Simone se rappelle qu’en passant au large du pénitencier de l’île de Gorgone, face à Livourne, les pêcheurs se lamentaient et disaient que les prisonniers étaient plus riches qu’eux.
Jadis, les hommes partaient pour des campagnes de trois mois en mer et revendaient la grosse part de leurs prises aux Anglais. A leur retour, ils pouvaient reconnaître facilement leurs maisons, toutes peintes de tons chauds mais à dessein bien différenciés. Eux qui avaient mangé surtout du poisson et des conserves durant des mois se régalaient alors de plats à base d’herbes fraîches préparés par leurs femmes. Des pestos et autres salsa verde qui ont par la suite acquis leurs lettres de noblesse dans la gastronomie italienne.
Pesto alla genovese
Sur les coteaux de Gênes (et principalement à Prà), le microclimat et les conditions géologiques favorisent la croissance d’une variété de basilic à toutes petites feuilles, au parfum et au goût parfaitement équilibrés, depuis peu protégé par une appellation d’origine. C’est l’ingrédient principal du pesto alla genovese. Le mortier de marbre et le pilon de bois (qui a donné son nom au pesto) sont incontournables puisque les feuilles de basilic doivent nécessairement être broyées pour en écraser les fibres et en laisser s’échapper leur saveur délicate. Parmesan, pignons de pin, ail et huile d’olive complètent la recette.
Y aller
Y aller
Loger à Gênes
- Excellente situation pour le NH Marina, un 4-étoiles joliment posé sur l’eau, entre les voiliers de plaisance du port de Gênes et le Neptune, le bateau qui servit au film « Pirates » de Polanski. Molo Ponte Calvi 5
- Villa Pagoda : un petit hôtel de charme aménagé dans un palais bâti il y a 200 ans par un riche commerçant gênois tombé amoureux d’une jeune Chinoise lors d’un de ses voyages.
Quand
De mai à octobre, tout en sachant que juillet et surtout août sont très courus.
Valise
Vêtements légers tout l’été mais aussi un bon pull et un coupe-vent si vous voyagez après octobre.
Plus d’infos
Entre nous
Entre nous
Petit Portofino
Gênes s’étire le long de la mer et réserve bien des surprises, comme le port de pêche de Boccadasse. Ici, on l’appelle « petit Portofino » pour son atmosphère dolce vita, surtout en soirée, lorsque les Gênois viennent flâner et se retrouver en famille ou entre amis autour d’un verre ou d’une crème glacée. Perché sur un rocher à côté du port, le Capo Santa Chiara est l’une des tables les plus réputées de la région. Les produits de la mer y sont bien sûr en première ligne. Le village recèle aussi l’un des meilleurs glaciers gênois : Gelateria Amedeo, Piazza Nettuno 7.
Trofie, trenette, piccagge, lisce, raviolis, pansoti…
Les pâtes que l’on fabrique traditionnellement en Ligurie sont plutôt sèches. Les archives de Gênes les mentionnent déjà au 13e siècle. En 1574, la Corporation des Fabricants de Pâtes édite ses statuts, bien avant celles des villes de Naples ou Palerme et jusque dans les années cinquante, on différenciait les pâtes de style génois de celles faites selon la méthode napolitaine.
Sestrie Levante
A Sestri Levante, un jeune couple propose sa pêche quotidienne en bordure de plage, dans une charmante maison de pêcheur joliment aménagée. Même les vins viennent du vignoble familial situé dans le Cinqueterre. L’originalité veut que l’on puisse commander à l’avance son poisson via le site web
Varazze
Entre Gênes et Albenga, la station balnéaire de Varazze est l’antre de Davide Petrini. Dans une autre vie, il était champion de chasse sous-marine en apnée. Reconverti en patron restaurateur et en animateur gastronomique sur la RAI, il assure grâce à sa pêche l’approvisionnement de son restaurant situé sur les quais. Il Pesce Pazzo,
Noli
A Noli, Il Vescovado occupe un ancien palais épiscopal du 14e siècle magnifiquement posé en surplomb de la Riviera. Quelques chambres somptueuses et une table proposant une cuisine typiquement ligure et, ce qui ne gâche rien, gratifiée d’une étoile Michelin.
A faire
Visiter les palais génois et déambuler dans la vieille ville, s’arrêter à la boutique du barbier Giacalone de style Liberty, classée monument national.
Découvrir l’aquarium de Gênes, l’un des sites les plus visités d’Italie !
Slow Fish, une appellation qui découle en droite ligne du mouvement Slow Food, initié en 1986 par des Italiens choqués par l’ouverture d’une enseigne de fast food place d’Espagne à Rome. Tous les deux ans, Slow Fish regroupe à Gênes des producteurs italiens mais aussi étrangers soucieux de la tradition et du respect de la mer et de la terre. Parmi les exposants, ceux que l’on appelle les sentinelles car ils sont responsables de la défense d’un produit ou espèce en voie de disparition, comme le céleri rouge, l’asperge violette d’Albenga ou le chinotto (soda au fruit de bigaradier) de Savona.
Découvrir la tonnarella de Camogli par la mer. Excursion de 2 h environ d’avril à septembre. Tonnarella di Camogli, Associazione Culturale Ziguele, tél : 377 2900068,
Renato et Adriano, deux pêcheurs, proposent ce que l’on appelle le pescaturismo. Ils emmènent sur leur bateau ceux qui souhaitent associer une belle excursion le long des côtes avec éventuellement une partie de pêche. L’occasion surtout de mieux appréhender leur activité, en terminant par un délicieux repas concocté par Renato, un sacré bonhomme plein d’humour.